Quick actu : La révision de la constitution.

Bonjour mes incompris.

Je viens juste en coup de vent déverser ma bile. Sujet du vacarme annoncé : la révision.

Mr mon Président, j’ai ajouté ma voix à celles des millions de béninois qui vous ont choisi pour tenir les rênes de notre pays jusqu’en 2021. Si, forts de cela, beaucoup de mes compatriotes ne trouvent pas normal ni utile de vous faire remarquer lorsque vous dépassez certaines limites, certains dont moi en pensent autrement. Je me permets donc par la présente note de dire tout haut ce que la situation actuelle évoque en nous.

Je me rappelle avoir lu au début du mois dans quelques papiers que, selon je ne sais plus qui, mars serait le mois de la révision.  Très bien, que mars le soit, ai-je pensé !! J’ai toutefois eu des réserves sur le sujet. En effet, comment cela allait-il se passer ?! Quand exactement et surtout qui mènerait le projet ?

Pourquoi ai-je eu peur à votre avis ? Eh bien, j’ai pensé à ces derniers mois où on n’apprenait les choses qu’après qu’elles aient été faites. Et en toute bonne pessimiste, je me suis dit “Ils vont nous dire qu’il n’y a pas assez de fonds pour le référendum et nous doubler pour faire la révision sans nous. Avec un peu de chance ils nous diront quand et sinon, on apprendra peut-être que le pays a été vendu avec notre accord à notre insu.”

La Loi fondamentale de notre pays a besoin de réformes. Je pense que sur ce point nous sommes presque tous d’accord. Elle ne doit toutefois pas subir des modifications du genre de celles que nous avons lu dans le projet que vous avez soumis à l’Assemblée Nationale il y a quelques jours.

Oui, Mr le Président, nous sommes quelques millions de béninois à savoir lire ou à avoir au moins un parent qui peut lire et nous expliquer deux ou trois choses. Heureusement, car vous avez proposé ce que je qualifierais d’une atteinte à la sûreté de l’état. Je ne viens pas décortiquer chaque nouvel article proposé car je n’ai ni l’envie ni le temps pour ça. Je viens souligner à quel point la proposition que vous avez faite chagrine et fait reculer le Bénin. Nos prédécesseurs n’ont pas fait tous ces efforts pour que vous veniez, pour les raisons qui vous sont propres, ruiner leur travail. En quelques pages, vous voulez ramener les libertés individuelles à nada et encenser les vices de certains. sans oublier le principe même de démocratie qui pourra être qualifié de caduque si le projet est validé. Pitiation, comme le dit Axel.

Commençons par nos représentants à l’hémicycle. Messieurs les députés, si 6 ans d’exercice, d’après la nouvelle Loi, et l’assurance que la justice ne pourra se saisir de votre personne une fois que vous aurez ravagé tout ce que ce pays a de prometteur, suffisent à acheter votre vote, j’espère que la justice de Dieu, elle au moins, vous rattrapera en pleine course. Pour rappel, il y a l’exemple tout récent du scandale aqueux avec le non éhonté sieur Kassa qui a couru se réfugier sous son immunité parlementaire pour échapper aux sanctions qui devaient lui échoir. Le non éhonté en question se permet de sortir des bois où il s’est caché pour venir parler comme tout le monde la révision. Cachez-vous persona non grata !! Cachez-nous votre face que nous ne désirons voir sous aucun prétexte !!

La Loi actuelle a permis à des criminels du même acabit d’échapper à leur sanction, de se permettre de revenir nous narguer sans honte et la proposition de Loi veut renforcer tout ce fatras d’irrégularités.  Et à part les députés, je ne parle même pas du volet concernant les présidents de la république en fonction ou non. Merci Monsieur mon Président pour cet apport tout à fait inutile.

Continuons par la tendance à peine dissimulée de nommer tout le monde, partout, quelque soit l’institution, qui ressort dans votre projet de Loi. Qu’est-ce qui vous dérange autant, Monsieur le Président, dans le fait d’avoir ici et là des gens qui ne partagent pas vos opinions ? La critique n’est pas un mal lorsqu’on sait en tirer le bon. Il est important voire même vital d’avoir autour de soi des gens qui ne disent pas oui sans broncher. Être chef n’est pas une raison pour museler les autres. Oui, j’ai dit museler. C’est exactement ce que je vous vois faire en nommant 99 sur 100 des composants de telle ou telle institution. Je me trompe peut-être, j’espère me tromper, Monsieur le Président.

Je vais prendre une pause là pour dire que jusqu’au moment où la proposition a été faite et envoyée aux députés, je voulais juste observer. L’œuvre humaine est par nature imparfaite alors jusque là, Monsieur le Président, je voulais encore ne pas penser que tout le processus était d’un manque de considération innommable pour notre peuple. Et quand vous avez introduit ce sujet unique en procédure d’urgence à l’Assemblée Nationale, je n’ai pas pu refréner cette pensée.

La razzia récemment faite au niveau des voies publiques, pour l’assainissement urbain et etc – l’histoire serait trop longue si je m’y mettais – , a endetté une bonne partie de la population. Le citoyen lambda cherche le moyen de s’en sortir sans verser dans le délit et l’urgence, pour vous, réside dans la révision. Les coupures d’électricité et d’eau n’ont pas trouvé solution et l’urgence, pour vous, réside dans la révision. Le chômage n’est pas moindre mais la révision est une urgence, pour vous. Les retraités travaillent encore alors que des jeunes pourraient travailler à ces postes là mais la révision compte plus. Là, ma mémoire m’a ramené un souvenir déchirant qui vous mettait en scène qualifiant le Bénin de désert de compétences. J’ai pourtant tu ma frustration.

Je n’ai pu rien taire davantage lorsque vous avez jugé bon de revenir remuer le couteau dans la plaie en cherchant à nous persuader du bien-fondé de la révision. “Lorsqu’on a faim, on est impatients. Lorsqu’on n’a pas ce qu’on veut, on est impatients.”, dites-vous. Oui, Monsieur le Président, nous avons faim. Oui, Monsieur le Président, nous n’avons pas ce que nous voulons. Notre vote en 2016 a été un vote de sanction et aussi de désespoir, dos au mur que nous étions, mais nous n’avons pas signé pour ça.

Vous ne pouvez pas de façon manifeste vouloir nous priver de tous nos droits et libertés et venir encore le réclamer en nous menaçant. Non, Monsieur le Président, vous ne pouvez pas espérer que cette révision passe. Et lorsque nos magistrats d’ordinaire silencieux revêtent leurs toges pour marcher sous le soleil accablant, lorsque nos syndicats et des foules de citoyens font pareil, Monsieur le Président, il serait de bon ton que vous vous rappeliez que ce sont eux qui vous ont choisi envers et contre tout. Il serait de bon ton que vous vous rappeliez que l’indifférence dont vous avez décidé de faire preuve est extrêmement insultante. Il serait de bon ton que vous vous rappeliez que le Bénin était avant vous et sera après vous.

En attendant des nouvelles sur le sujet, nous vous prions, Monsieur le Président et Messieurs et Mesdames les députés, de bien vouloir réfléchir, prendre en compte nos revendications justifiées et d’agir de manière responsable et avisée.

Sur ce, heureuse journée à tous.

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