Mesdames les ministres … Trois points de suspension

De temps en temps, lorsque se profile le 8 mars, journée internationale de la femme pour ceux qui ne font pas le rapport encore, nos chaînes télévisées nous abreuvent d’émissions, de documentaires destinés à promouvoir l’égalité des sexes. Les ONG, les organismes internationaux et les mouvements de toutes sortes scandent haut et fort des slogans à la gloire du sexe féminin. On nous joue la partition pendant une à deux bonnes semaines et on n’oublie jamais de passer sur le couplet du “Laissez les femmes accéder à des postes de responsabilité, dans les partis, dans les grandes institutions, dans le gouvernement et etc… “. Et pour accompagner l’argumentaire, le pourcentage sur plusieurs années du nombre de  femmes ministres dans le gouvernement est cité. Après, si la situation est trop critique, le gouvernement, pour ménager les unes et les autres, se hâte de nommer une ou deux femmes en plus pour gonfler le quota et, par la même occasion, s’approprier plus de soutien de la population féminine qui constitue quand même le gros lot de l’électorat national.

Ce sont toutes ces circonstances qui font qu’aujourd’hui nous avons des femmes à des postes auxquels elles n’auraient pu espérer postuler et mieux encore dans des pays où on aurait pu affirmer sans en démordre qu’elle ne pourraient jamais y arriver, quelque soit leur niveau d’instruction. Et donc voici :

  • Des présidentes de républiques : Helen Johnson Sirleaf (Libéria), Dilma Roussef (Brésil), Laura Chinchilla Miranda (Costa Rica), Cristina Kirchner (Argentine), Dalia Grybauskaité (Lituanie), Pratibha Patil (Inde), Atifete Jahjaga (Kosovo),
  • Des ministres et des chefs de gouvernement : la toute puissante chancelière d’Allemagne Angela Merkel, Cissé Mariam Kaïdama Sidibé (Mali), Julia Gillard (Australie), les regrettées Benazir Bhutto (Pakistan) et Margaret Thatcher (Royaume-Uni)
  • Des dirigeantes de prestigieuses institutions ou d’organismes internationaux de renom : Christine Lagarde (FMI), Irina Bokova (UNESCO), Margaret Chan (OMS), Navanethem Pillay (HCDH), Rosalyn Higgins (CIJ)
  • encore plus par ici et aussi par ici

Voilà un exemple résumé et bien mal encore de la population féminine qui a tutoyé et tutoie encore le pouvoir et qui a à son actif plus de faits d’arme que leurs homologues masculins. Quand on voit ces exemples, on a envie de voir davantage de femmes au pouvoir. C’est ainsi que j’en viens – Excusez encore une fois la prolifique présence de détails dans mes paragraphes – à mesdames mes ministres béninoises et à toutes les femmes qui sont à n’importe quel poste de responsabilité dans ce pays.

Il y a assez d’évènements du genre mais restons dans le récent pour la suite. Dernièrement j’ai pu suivre, comme beaucoup de mes compatriotes sur nos chaînes télévisées un navrant ensemble débitant énormité après énormité. Et vas-y que je te soutienne à coups de grâce à lui, et viens là que je te pommade à coups de remerciements et par là aussi que je voue aux gémonies ceux et surtout celles qui sont contre toi et qui ont “eu leur part” – Petite parenthèse, celle là est à conserver, messieurs et dames – et viens ici que je garantisse de mon inconditionnel soutien ad vitam aeternam et aussi que j’exhorte mes soeurs à me suivre comme des moutons exactement comme je te suis toi. Breeeeeeef, c’était juste comique et triste malheureusement.

Je m’apprêtais à me dire encore une fois que ceux qui sont encore contre le choix d’une femme à un poste n’ont peut-être pas totalement tort, en dépit des multiples exemples connus quand je remarquai qu’il y en a une qui, comme d’habitude, et on ne la remarque pas pratiquement pas, n’était pas du lot. L’espoir a de nouveau trouvé un monticule de place en moi grâce à vous Mme le Professeur Docteur Dorothée Akoko KINDE-GAZARD, très chère ministre de la santé.Plusieurs fois elle a été nommée à cette charge. Et aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été frappée par sa singulière attitude par rapport au troupeau. Se contentant juste de faire son travail et n’apparaissant qu’aux occasions où sa présence semble nécessaire, on pourrait même se demander si elle est bien là. Et elle y est.

Voilà ce que devraient faire ses consœurs, travailler au lieu de passer leurs temps à se répandre en marches et meetings de soutien. Chez nous, on dit qu’un foyer se construit autour de la femme parce qu’elle en est le pilier incontournable quand bien même le mari est reconnu chef du foyer. Elle est celle qui conseille son mari et qui le prévient de faire certaines erreurs. Une nation étant un macro foyer, leur rôle devrait être de conseiller le président et quand encore celui-ci ne voudrait pas les écouter, elles devraient avant tout et surtout s’occuper des divers cailloux qui jonchent le bon fonctionnement de leurs ministères. Parce que Mesdames les ministres, vous nous faites honte !! A moins de 10 personnes, vous suffisez à rabaisser les efforts pour élever le statut de la femme de millions de personnes sur des siècles et des siècles !! Travaillez plutôt. Faites qu’à votre départ on ait un pincement de cœur en se rappelant de la dame qui était là et qu’on ébauche un sourire en voyant l’avancement dont vous avez été pionnière et non qu’on exhale un soupir de soulagement en se disant “Enfin partie !!”. Wingnan ni non hou mi kpèdé !! 

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