Allégorie de la caverne

Ne vous fiez pas au titre, il ne s’agit pas de vous faire un cours de philosophie. Je sais que beaucoup ont en aversion naturelle cette matière qui reste quand même l’une des seules et rares occasions laissées par le programme scolaire aux apprenants afin qu’ils apprennent à réfléchir de manière moins “encadrée”.

« Figure-toi , écrit Platon,  des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière ; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête ; la lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux ; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles. » Platon, La République, livre VII

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Je parie que certains n’ont pas pris la peine de lire la citation en totalité – trop rasoir sans doute – avant de descendre ici. Je vous explique donc en quelques longues phrases. Platon nous parle d’une caverne dans laquelle se trouvent des hommes enchaînés qui n’ont de connaissance de l’extérieur de la grotte en question que celle qu’ils perçoivent et à laquelle ils tiennent mordicus, pour ne rien arranger. Leur isolation est telle qu’ils refusent d’admettre la possibilité qu’il y ait autre chose en dehors de leur caverne. Si par un hasard, l’un d’eux s’en vient à être libéré et poussé de force vers la sortie, deux cas de situation surviennent: il est trop éprouvé par le changement et revient dans son obscurité ou alors il accepte le changement et s’accoutume. Toutefois que l’un accepte de rompre avec son désormais passé ne signifie pas que les autres le voudront. Si ce dernier prend le risque d’aller à nouveau vers les siens pour leur expliquer, ils ne le croiront pas et risqueront même de s’en prendre à lui. Bon, grosso modo voilà.

Sans doute vous demandez vous ce qui a pu passer par le ciboulot de l’illustre inconnue que je suis pour vous pondre deux sinon trois chapitres aussi verbeux. Je lisais une histoire illustrée (pour ceux que ça intéresse) quand je pris conscience d’un problème qui nous ronge continuellement depuis peut-être même la nuit des temps. L’histoire est celle d’un peuple qui se retourne contre son souverain. La raison est simple: les dieux font travailler le peuple dans les mines, disposent aussi de leurs vies comme bon leur semble et commettent toutes sorte d’actes cruels au mépris de tout respect pour les humains qu’il traitent de “singes”. Le désormais traître souverain refusant de laisser son peuple être brimé par les dieux devient non seulement l’objet du courroux des dieux mais aussi, et c’est ce qui est le plus surprenant, de son propre peuple qu’il défend pourtant en déclenchant une guerre qu’il n’est même pas sûr de gagner. Finalement le roi meurt tué par un dieu et le peuple retombe dans la servitude, sans aucun défenseur.

En lisant ça, figurez-vous que j’ai pensé à nous, peuples africains. Oui à nous et à nous seulement. Dans notre histoire commune, il y a d’innombrables cas similaires à celui-ci. Aujourd’hui encore, on pourra en citer des douzaines et des douzaines. Des possibilités de développement ont été tuées dans l’œuf parce que nous n’avons pas osé regarder la vérité en face. Combien de Patrice Lumumba sont morts ou mourront par notre faute ? Combien de Nelson Mandela nous faut-il pour comprendre que nous nous trompons encore lourdement sur l’origine de notre mal ? Combien de pseudo présidents allons-nous encore “élire” pour comprendre ce qui se passe ?

En remontant, vous verrez enchaînés par deux ou trois fois peut-être. Ces chaînes, ce sont nos croyances, nos habitudes “confortables”, notre refus de nous remettre en question, notre incapacité ou mieux, notre refus de contester un ordre établi aussi destructeur que celui-ci le soit pour nous. Parce que dans cette allégorie, nous sommes encore bel et bien les hommes enchaînés de la grotte, ne vous méprenez aucunement sur ce point là. Il est arrêté. Il est arrêté et le restera aussi longtemps que nous persisterons à remettre notre avenir entre les mains d’ignobles individus dénués de tout sens du commun. Il le restera tant que nous refuserons d’être les artisans de notre propre sort.

Combien sommes-nous à voir, à subir et pourtant à nous taire, à ignorer ceux qui sont touchés ? Si les trois singes de la sagesse prônent qu’il est mieux de « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire » , cela ne signifie pas que ce soit une formule miracle en toute situation. Vous avez un petit commerce que vous peinez à faire survivre et un individu vient chaque jour vous voler vos maigres sous. Ferez-vous semblant de ne rien voir ? Vous abstiendrez-vous d’entendre vos enfants vous demander jour à jour à manger ou leurs cris de douleur s’ils tombent malades et que vous êtes dans l’incapacité de faire face à vos responsabilités ? Vous tairez-vous devant l’impudence de l’individu qui vient chaque fois vous délester de votre dur labeur ? Pourrez-vous dire de vous même que vous êtes un Homme, un vrai ?! Pourrez-vous faire l’autruche devant vos souffrances qui au lieu de stagner ou de s’amoindrir vont en se multipliant à l’exponentielle, par votre propre faute ? Parce que ce sera la vôtre de faute de n’avoir pas réagi et d’avoir préféré rester à l ‘abri. Mais de quoi, que diable ?! De quoi voulez vous vous préserver quand vous aidez l’ennemi à détruire votre volonté ? Comment pourrez-vous vivre si vous niez votre droit même à la vie ?

Les aînés qui liront ceci penseront que ce sont des mots de petit jeunot n’ayant pas subi certaines choses. Cela est vrai, je vous le confirme. Seulement, en ma qualité justement de petit enfant, je veux me permettre de rappeler à tous ceux qui semblent l’avoir oublié que c’est notre devoir à tous de nous battre pour voir se lever une meilleure Afrique. Aujourd’hui, quand bien même les moyens de communication sont surveillés par on ne sait quels malades désirant tout contrôler, nous avons la possibilité de nous exprimer encore. Tout commence par là. Osez parler, osez dire tout haut quand les choses ne vont pas comme il faut !! Si vous ne parlez pas, qui le fera pour vous ? Si vous vous taisez tout le temps, qui saura que vous souffrez ? Et si encore, vous préférez quand même vous taire, qui défendra les droits de vos enfants, déjà là ou à  venir ? Qui donc le fera ? Pensez-y !! Je puis être esclave mais JAMAIS je ne laisserai mes enfants l’être. Arrêtons donc de masquer nos maux derrière nos mots. Arrêtons de nous martyriser avec notre propre silence et surtout arrêtons d’être indifférents à tout en nous pensant à l’abri, c’est chacun son tour hein !!

Waaaaaa, trop écrit !! Je m’excuse pour mon envolée lyrique, j’avais trop d’inspiration. Bonsoir les gens.

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