Et les eaux furent….

A même pas encore six heures du matin, une énorme pluie s’abat sur nous et le drame tant redouté mais ô combien habituel pour nous recommence. Essayez donc de distinguer une rue dans ce déluge miniature !! Vous n’y arriverez pas. Vous n’y arriverez pas parce que lorsqu’il pleut ainsi par ici on se croirait aisément dans une cité lacustre.

C'est un peu flou, désolée


Pas loin de l’Etoile Rouge. L’Etoile Rouge !! Avenue goudronnée sur laquelle il y avait plus de 15 cm d’eau si je m’étais hasardée à mesurer la hauteur de tout ça. Eau qui bien sûr ne manque pas dans les allées jouxtant la grand’ place. Eau qui s’est, sans aucun doute, infiltrée dans les maisons un peu partout dans la ville. Eau que les cotonois devront traverser pour aller vaquer à leurs diverses occupations, certains à pied, d’autres à moto, d’autres encore à pirogue – oui en plein Cotonou, des pirogues, vous lisez bien (Une pensée pour les gens de Hindé et consorts, mi tun xo dé !!) – et pour les plus chanceux en voiture. Eau dans laquelle des enfants s’amuseront à faire les fous dès que l’attention de leurs parents ne suffira plus à les maintenir tranquilles. Eau qui sera sous peu, si ce n’est déjà, une source à haute densité de microbes et donc de maladies. Eau dans laquelle certains feront très bientôt un petit tour en bottes plastiques vertes avec une cohorte de journalistes derrière venus couvrir l’événement.

Je parle de vous, Mr l’adjoint au maire de Cotonou que je n’ai même pas besoin de nommer tant vous êtes connu. Je parle de votre annuel pèlerinage dans les zones “humides” de notre ville. Le détail du pèlerinage, le voici :

  • Un quartier certainement tiré au hasard pour recevoir la visite d’un bien zélé représentant de la mairie, qui se soucie de ses compatriotes.
  • Les populations riveraines ameutées spécialement pour l’occasion et ô combien crédules pour la plupart, pensant qu’enfin solution est trouvée à leurs déboires.
  • Un essaim de journalistes attentifs à la moindre flaque d’eau souillant vos bottes vertes et votre pantalon, souvent de couleur claire comme par hasard, qui se pressera de relayer les images d’un citoyen soucieux des difficultés rencontrées par ses congénères.

Tout un cirque que vous répétez chaque année lorsque la grande saison des pluies bat son plein, et ce sans aucune variante, avec toujours à la bouche les éloges pour le même terme : les 3CI.

Comprenez, très chers lecteurs, l’opération Cotonou en Campagne contre les Inondations. Notre mairie a déclenché le scénario en 2003 pour je cite “montrer que l’inondation dont la ville est sujette du fait de sa position géographique est loin d’être une fatalité”. A cet effet, plusieurs mesures sont citées dont :

  • L’aménagement des voies en terre et leur revêtement avant les saisons pluvieuses,
  • L’amélioration des conditions de circulation,
  • Les ouvertures de tranchées et la réouverture des tranchées bouchées,
  • le curage des caniveaux,
  • L’assèchement des zones inondées.

De toutes les mesures préventives et curatives citées ici, combien sont réellement mises en oeuvre ? Mieux encore, quand sont-elles mises en oeuvre ? On ne prépare pas un examen à la veille de la composition dit-on. Pourquoi lance t-on l’opération 3CI chaque année ? Compte tenu de la nature de bas-fonds de la ville de Cotonou, ce programme ne devrait-il pas être suivi toute l’année ? Pourquoi alors le lancer à quelques jours ou semaines seulement du début des hostilités avec la pluie ?

Et qu’on ne nous dise surtout pas que c’est une question de moyens. Des 20 milliards annuels alloués à la mairie de Cotonou (autant oui, ce n’est pas évident n’est-ce pas ?), et des dizaines de millions sont injectées dans la soi-disant mise en oeuvre du projet, rien n’a pourtant éclairé l’horizon des populations qui retombent, sitôt l’adjoint disparu, dans leur cauchemar habituel. Cela fait onze ans que ça dure. Onze ans que non seulement la ville de Cotonou se rapproche dangereusement de celle de Ganvié par bien des points mais aussi onze ans que nous jouons à la cigale, oubliant non pas que l’hiver s’en vient mais que les inondations sont très proches.

Pouvez-vous une fois au moins ne pas penser aux élections prochaines et faire ce pour quoi vous avez été élu, on se demande chaque fois par quels tripatouillages, à la mairie ? Parce que je doute que l’ambition des cotonois soit de revivre la fin de l’ Atlantide.

Bien à vous, Mr l’adjoint, et surtout impatiente de vous revoir bravant les eaux, Noé des temps modernes !!

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