ET SI LE BENIN REFUSAIT LE DEVELOPPEMENT ? – Introduction

CHAINES

Oui, oui, mon titre s’inspire fortement d’une oeuvre bien connue (Et si l’Afrique refusait le développement d’Axelle KABOU) et mieux, c’est voulu. Je suis Africaine oui, mais le Bénin étant ma terre natale, j’ai une double responsabilité envers elle. Cette année elle fêtera 54 ans d’indépendance, supposée je dirais et apparente. En 54 ans, qu’avons nous fait de notre pays ? Avons nous pris notre liberté (une fois encore, sommes-nous réellement libres ?) ou avons-nous plutôt confectionné chaînes plus lourdes que celles qui nous liaient aux colons ?

Colonie française, comme le Niger, le Burkina Faso, le Bénin a pris comme tous ces pays son indépendance en 1960, année bénie et heureuse pour tous ces hommes et femmes qui ont lutté jour et nuit pour la liberté de leurs peuples. On aurait pu penser que la liberté acquise suffirait à insuffler aux béninois, ex dahoméens, le désir de quitter définitivement la position de dominé qui a été la leur pendant les derniers siècles. Inconscients du fait que le véritable combat commencait alors, nous nous sommes endormis sur nos lauriers chèrement repris à l’envahisseur blanc. Résultat, nous en sommes au même point depuis tout ce temps, enfants jamais passés au stade de l’adolescence et agissant comme des foetus ne désirant sous aucun prétexte voir le jour. Personne n’a dit que ce serait facile de se libérer. Notre erreur a été de le croire.

Face aux problèmes qu’elle connaît encore, l’Afrique se sert d’un prétexte usé jusqu’à la racine : l’esclavage. Oui, des siècles d’esclavage nous ont fait du TORT. Oui, nous avons subi de grandes et inestimables pertes non seulement en richesses mais aussi et surtout en hommes. Oui, les colons ont des siècles et des siècles de repentance et de pardon à demander. Oui, ils mériteraient de rôtir encore et encore pour tout ça. Tout cela est VRAI, oui, ET ALORS ?! N’importe quel bébé tombe cent fois avant de marcher sûrement sur ses genoux. Se sert-il de l’argument selon lequel ses genoux ont été écorchés la dernière fois pour refuser d’essayer de marcher à nouveau ? Le cactus ne prospère t-il pas dans le milieu hostile qu’est le désert ? Utiliser ses échecs pour être victorieux les fois à venir, c’est ce que fait un petit enfant apprenant à tenir sur ses deux jambes, c’est ce que fait la nature tous les jours alors pourquoi pas nous dans le développement de notre nation ?

Il y a trente ans, le Japon était un pays déchiré par les conflits sino-japonais ainsi que des révoltes intérieures. La Chine elle-même a connu des moments d’extrême détresse. Tous ces pays ont à un moment ou à un autre bénéficié de notre secours parce que se trouvant dans une situation moins glorieuse que nous à l’époque. Aujourd’hui, nous sommes encore là, dans notre grotte à peine éclairée de quelques rayons de soleil tandis qu’eux sont au sommet du rocher qui nous abrite à contempler de très près le soleil. Que s’est-il passé pour une envolée aussi spectaculaire à leur niveau ? Qu’ont t-ils fait pour être où ils sont aujourd’hui ?

Au lieu d’aller aussi loin que l’Asie, arrêtons-nous même tout près, au Ghana. Après une guerre civile assez violente, ce pays est aujourd’hui l’un des plus en vues du continent. Pourquoi ? Ils ont eu leur indépendance et ont décidé de construire leur pays. Ils ont laissé tomber la monnaie importée par l’anglais, ont créé la leur et ont tenu bon malgré les pressions de tout bord infligées par les tout nouveaux ex-colons à leur encontre. Ils ont travaillé mais alors vraiment travaillé pour se RECONSTRUIRE. Et nous, qu’avons-nous fait? Quelles initiatives avons-nous prises pour sortir du panier ?

On parlera de la conférence des Forces vives de la Nation du 19 au 28 février 1990. Très bien, ce fut un moment fort de notre jeune démocratie mais au fond, en serions-nous arrivés là si nous avions saisi depuis le départ le chemin à suivre pour une nation saine et forte ? Qu’avons-nous même fait après qui soit digne de rester dans les annales de l’histoire du Bénin comme tournant décisif nous ayant permis de décoller ? Ne vous fatiguez pas à chercher, il n’y a rien d’autre.

Pendant tout ce temps, nous avons élu l’un après l’autre des personnages pas toujours conscients apparemment des retombées de leurs actes sur l’avenir du pays. Pendant tout ce temps, nous avons élu des gens qui n’ont pensé qu’à eux et appuyés par nos colons, pardon néo-colons, qui, dans l’ombre, les manipulent comme un marionnettiste ses pantins. Pendant tout ce temps, nous avons refusé de grandir, nous avons refusé de faire face à nos nouvelles responsabilités d’enfant “majeur”, nous avons avancé à l’aveuglette. Et aujourd’hui nous sommes toujours là, à quémander des aides internationales que nous gérons mal par dessus le marché.

Nous ne manquons pas de compétences valables, nous en comptons suffisamment mais nous les employons tellement mal que c’est comme si nous n‘en avions aucune. Nous disposons aussi de quantité de ressources naturelles et d’atouts inexploités, mais rien ne semble être sur le point de fleurir. Depuis 54 ans bientôt. Conférences, réunions, sommets et élections, rien n’y fait. Et si tout simplement le Bénin refusait le développement ?

Une autre bavarde encore, Bien à vous …

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